RESISTANCE
Contre un retour 65 ans en arrière
La direction a organisé fort timidement la célébration des 60 ans de notre entreprise, ce qui nous est proposé au travers de l'application de la loi ARAF c'est un retour 65 ans en arrière. En effet le réseau d’autobus et de tramways de la région parisienne n’a pas appartenu de toute éternité à une entreprise publique nationale de service public à vocation régionale.
Il fut une période qui a précédé la nationalisation au cours de laquelle les directeurs qui ont précédés ceux qui siègnt aujourd'hui, à l’époque où notre entreprise était privée, faisait signer à chaque employé une feuille sous serment où il était écrit que pour travailler dans celle-ci, il ne fallait être ni juif, ni communiste, ni francs maçon et être français de vieille souche, et s’engager à ne pas faire de propagande subversive, c’est à dire de propagande antinazie.
A cette époque, où notre entreprise était privée, les directeurs qui les ont précédés à ce poste se sont vautrés comme des pourceaux dans la fange de la collaboration avec l'occupant nazi à l'image d'une bourgeoisie qui préférait, pour l'essentiel, Hitler au Front populaire. A l'opposé les salariés de ce qui allait devenir la RATP ont participé, pour l'essentiel à l'initiative de la CGT et les armes à la main, à la lutte contre l'occupant nazi à l'image d'autres secteurs de la classe ouvrière.
On nous propose donc de renouer le fil historique de cette époque où notre entreprise était privée.
Cela rencontre la stratégie gouvernementale, conforme aux demandes du Medef, de remodelage libérale de la société française, de casse des acquis issus du programme du Conseil National de la Résistance, parmi lesquels on compte le système solidaire de retraite, le système solidaire de protection sociale, les entreprises publiques comme la notre, les statuts des personnels présentés comme autant de privilèges.
Ils ne doivent toutefois pas oublier, nous ne devons pas oublier que des hommes sont morts pour que notre entreprise échappe aux logiques qui sont celles du capitalisme, des hommes sont morts pour que notre entreprise confirme et améliore le statut des personnels, des hommes sont morts pour que notre entreprise soit nationalisée pour offrir un véritable service public au peuple de ce qui était à l'époque la Seine, des hommes comme Joseph Kermen militant CGT de l'atelier centralde Championnet, Théophile Tenaille militant CGT du dépôt de saint-Mandé, Victor Jardin militant CGT du dépôt d'Asnières, et bien d'autre encore.