Nos collègues de la CIF de Tremblay ont les mêmes problèmes que nous
Hier à Bobigny et au Blanc-Mesnil, aujourd’hui à Tremblay-en-France : le recours aux policiers pour escorter les autobus, cibles de violences urbaines, est en train de se banaliser en Seine-Saint-Denis. Vendredi matin, lors d’une visite au siège de l’entreprise TRA (Transports rapides automobiles), à Villepinte, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé le déploiement de «80 policiers dont des CRS», le reste de ce «dispositif de sécurisation» étant assuré par la police des transports.
Cette annonce a été bien accueillie par les machinistes de TRA, qui ont repris le service interrompu depuis les agressions contre deux bus, mercredi. Lors d’un guet-apens dans la cité du Grand-Ensemble, l’un des deux véhicules avait été incendié. Le chauffeur et les six passagers qui se trouvaient à l’intérieur avaient réussi à sortir à temps. Cette attaque s’est produite deux jours après une opération de police menée dans ce quartier contre des trafiquants de drogue présumés (Libération de vendredi). Les deux chauffeurs concernés ont été reçus, vendredi, à l’Elysée.
Brice Hortefeux l’assure : «Nous maintiendrons ce dispositif autant que nécessaire.» Une notion plutôt floue, comme le démontrent les exemples des lignes 148 et 303 autour de Bobigny. A la suite d’agressions répétées, des escortes policières avaient été mises en place entre octobre et décembre 2009, de 17 à 22 heures chaque soir. «Le système n’est pas efficace à 100% : un chauffeur a été tabassé durant cette période, et depuis, deux agressions ont été commises», précise Alain Sutour, à la CGT-RATP. Pour assurer durablement la sécurité des transports, dit-il, une seule solution : assurer d’abord celle des quartiers. Vendredi, les quatre hommes interpellés par la police ont été déférés devant la justice. Le parquet a requis leur placement en détention provisoire.