La CGT seul maître à bord de la SNCF

Les cheminots ont élu jeudi leurs délégués. Les syndicats modérés ne font pas le score espéré.
Sans conteste, la CGT est le grand gagnant des élections de la SNCF. Trois autres syndicats (Unsa, SUD-rail, CFDT-Fgaac) franchissent le seuil de 10 % des voix exigé par la loi d'août 2008 sur la représentativité syndicale pour être les interlocuteurs de la direction. Mais les plus modérés, Unsa et CFDT-Fgaac, ont calé à 29,64 %. Il leur a manqué 438 voix pour atteindre le seuil de 30 % des voix qui leur aurait permis de conclure des accords avec la direction. Il ne faudra, bien sûr, pas compter sur SUD-rail, qui progresse de 2,7 points, pour s'allier aux réformistes et jouer le jeu avec la direction.
Avec près de 40 % des voix, la CGT devient donc l'interlocuteur exclusif de Guillaume Pepy pour faire passer la moindre réforme, et la légère érosion du syndicat majoritaire en devient anecdotique. «Nous revenons au centre du jeu, se félicite Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-cheminots. Nous sommes disponibles pour le dialogue social à condition qu'il soit plus productif. » Le leader de la CGT ne cachait pas sa satisfaction hier face à ce scénario idéal.
Depuis deux ans, Guillaume Pepy s'était fait maître dans l'art de contourner la CGT en s'appuyant sur les syndicats plus modérés comme la Fgaac, organisation autonome des conducteurs. C'est grâce à elle que la réforme du régime de retraite des cheminots est passée en 2007.
A écouter également
Notre camarade Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-cheminots, analyse dans un entretien au Monde.fr les conséquences des élections professionnelles à la SNCF, qui font de son syndicat le seul à pouvoir valider ou non des accords dans l'entreprise. Cliquez sur le lien:
"La CGT cheminots est plus exigeante que d'autres dans les négociations"