Service minimum : la CGT met en garde Nicolas Sarkozy
Un article paru hier dans les échos
Service minimum, trouble maximal. En ouvrant, jeudi, la porte à un renforcement de la loi sur le service minimum, Nicolas Sarkozy a piqué les syndicats au vif. Ces derniers n'ont guère apprécié la démarche et le lui feront savoir aujourd'hui, à l'occasion des voeux du chef de l'Etat aux forces vives de la Nation (partenaires sociaux et associations).
Dénonçant l'amalgame fait entre le cas particulier de la fermeture, mardi, de la gare Saint-Lazare, en réponse à l'agression la veille d'un cheminot, et l'efficacité globale du service minimum, Bernard Thibault, leader de la CGT, l'a clairement indiqué, vendredi, à François Fillon, qui le recevait à Matignon : « Il n'y a aucune raison de tout mélanger pour justifier la réouverture du débat sur le droit de grève », qui « est largement assez encadré ». A l'approche du mouvement du 29 janvier, la CGT y voit aussi une tentative de diversion : « On attend des réponses sociales à la crise, et l'Etat détourne l'attention en s'en prenant aux grévistes », s'insurge Maryse Dumas. Dans un climat social déjà tendu, la manoeuvre est risquée, a prévenu Jacques Voisin (CFTC) : « Ce n'est pas le moment d'agiter ce genre de chiffon rouge ».
Grèves de 59 minutes
Les députés de la majorité sont pourtant tentés de lancer l'offensive. Dès vendredi, Eric Ciotti (UMP) a défendu une ligne très dure et déposé une proposition de loi pour autoriser la réquisition du personnel. Président en 2007 de la commission parlementaire spéciale sur le service minimum, Hervé Mariton (UMP) défend une approche plus mesurée mais néanmoins très ambitieuse : « La solution de 2007 est restée partielle ; il ne faut pas en trahir l'esprit en réquisitionnant les grévistes, mais il faut l'adapter pour empêcher qu'on la contourne. » Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a indiqué hier, à Dimanche soir politique d'itélé-France Inter-« Le Monde », qu'il « proposerait dès mardi » que Jacques Kossowski, rapporteur de la loi sur le service minimum, « évalue l'application du texte » « pour aller plus loin » dans son application.
Autant de changements à même de constituer « des casus belli », prévient Maryse Dumas (CGT). Y compris chez les syndicats plus modérés : « Il y a des lignes jaunes à ne pas franchir », rappelle Jacques Voisin (CFTC).
Conscient de marcher sur des oeufs, l'exécutif tente donc de rassurer. « Le vrai problème, ce sont les grèves de 59 minutes. Le service minimum a bien fonctionné l'année dernière, et il n'est pas question de revenir sur l'ensemble de la loi », glisse une source gouvernementale, qui rappelle que « le Conseil constitutionnel prendra soin, comme lors de la première loi, de préserver le droit de grève. »
De son côté, le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, a affirmé hier au Grand Rendez-vous Europe1/« Le Parisien-Aujourd'hui en France » que « le service minimum d'accueil dans les écoles primaires en cas de grève fonctionnera le 29 janvier » et a appelé « les familles à s'en saisir ».