Espionnage : Bernard Thibault dépose une plainte

Une enquête préliminaire a été ouverte hier à Evry (Essonne) après la découverte d'un boîtier soupçonné de contenir un dispositif électronique de surveillance à proximité de la voiture du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, à son domicile.
LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL de la CGT a-t-il été victime d'une tentative d'espionnage ? Une enquête préliminaire a été ouverte hier par le parquet du tribunal d'Evry après la découverte d'un boîtier suspect à côté de la voiture de Bernard Thibault qui pourrait contenir du matériel électronique. Le procureur de la République d'Evry, Jean François Pascal, a déclaré hier : « On ne sait pas ce que c'est » en évoquant toutefois l'hypothèse de matériel « d'écoute » ou de « localisation ». Il pourrait s'agir de matériel de « tracking », permettant de repérer les déplacements d'une automobile, ou de mouchards permettant d'enregistrer les conversations.
Selon les éléments fournis par le procureur à la presse hier, la découverte a été faite par le numéro un de la CGT lui-même, à 7 h 30, hier, à son domicile. Bernard Thibault s'est alors rendu compte que la porte de son garage avait été forcée, et a remarqué la présence d'un boîtier par terre, dont la nature n'est pas déterminée avec certitude pour l'heure. Le domicile de Bernard Thibault est à Draveil (Essonne) et son véhicule de fonction est une Citroën. Un tournevis a également été retrouvé au même endroit. Selon Bernard Thibault, interrogé par France Info, ce matériel « n'était manifestement pas visible et rien n'a été fait pour le rendre visible, mais nous l'avons trouvé quand même. Les auteurs ont laissé quelques traces ».
« Il semble que le matériel allait être installé dans sa voiture »
Au siège de la centrale syndicale, qui a rendu public un communiqué sur ce sujet, on expliquait « qu'une plainte a été déposée au commissariat hier après-midi pour violation du domicile de Bernard Thibault et découverte de matériel électronique dans sa voiture ». La CGT précise « qu'elle n'a pas la capacité d'évaluer de quel type de matériel il s'agit, et attend des autorités une réponse sur le sujet ». Selon une source proche de l'enquête, « il semble que le matériel allait être installé dans sa voiture, mais une partie restait encore au pied du véhicule ». Les éléments matériels ont été confiés au laboratoire de police de Paris, et l'enquête a été confiée au SRPJ de Versailles.
Le contexte récent a mis en lumière des pratiques douteuses d'un certain nombre d'officines « d'intelligence économique », faisant des écoutes sur telle ou telle personnalité, pour le compte d'intérêts privés.